Le Groupe de Recherche Gouveance Territoriale et Développement Durable GT2D de la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales de Tanger (FSJEST), a organisé, sous la coordination du Professeur Fadoua Laghzaoui, le 23 Mars 2019 au sein du Conseil Régional Tanger – Tétouan – Al Hoceima, la troisième édition de l’International Audit Meeting sur le thème « Audit et Métiers Voisins : Quelle Synergie ? ».

 

 

Comme dans les éditions précédentes, cet événement est l’occasion pour les chercheurs universitaires à rigueur scientifique, académiciens à démarche méthodique, professionnels à préoccupations opérationnelles, experts à expérience confirmée et gourous chevronnés… pour échanger et débattre les pratiques d’audit d’aujourd’hui et surtout d’en scruter les tendances futures. Cette rencontre est également une chance inouïe pour sensibiliser le public à l’importance de l’audit en tant que vecteur incontournable auquel ne peuvent plus se soustraire les autres fonctions et métiers.

La 3ème édition d’Audit meeting est marquée par la participation d’intervenants nationaux et internationaux partageant leur savoir faire à travers des témoignages pratiques et la discussion de cas réels, sans perdre de vue la projection des trends qui planent à l’horizon.

Le meeting est organisé en deux panels : le premier est dédié à l’audit et l’expertise comptable, le but étant d’en déceler les convergences. Ce panel a été animé par quatre éminents spécialistes en la matière, en l’occurrence :

M. Stephane DELFOSSE (dont l’intitulé de la communication est : « L’expertise Comptable et le commissariat aux comptes, des métiers si proches, mais aussi si différents ») est Expert-comptable Associé et directeur des Bureaux de Fourmies et Hirson (France). Dans son intervention, il a expliqué que pour devenir un Commissaire aux Comptes, il est possible de passer par le CAFCAC. Il a rajouté que la présentation des comptes annuels est la mission principale d’expert-comptable alors que pour l’auditeur, la présentation annuelle n’est que la résultante d’un ensemble de procédures permettant d’aboutir à ces comptes.

M. Ali LAMRANI (ayant choisi pour son discours : « Audit et expertise Comptable ») est aussi Expert-comptable en France. Il a mis l’accent sur l’ampleur des convergences entre
les métiers des experts comptables et des commissaires aux comptes. Sauf que l’Expert Comptable dépend du Ministère de l’Economie et des Finances, alors le Commissaire aux Comptes dépend du Ministère de la Justice.

Mme. Sabah CHERKAOUI (préférant intervenir en « Audit fiscal : un métier autonome par rapport à l’audit financier ? ») est Expert-comptable, membre de l’ordre des Experts Comptables Marocains et Commissaire aux Comptes. Elle a souligné qu’au-delà des objectifs d’ordre fiscal, l’audit fiscal fou
it une information précieuse sur l’existence d’un risque et se sert d’un support pertinent d’aide à la prise de décisions stratégiques.

Mme. Kawtar SEBARI (dont la communication est intitulé: « La technologie : une opportunité ou une menace pour l’audit et l’expertise comptable ? ») est expert-comptable. Elle a mené une réflexion sur les métiers d’audit de demain à l’ère de la technologie avancée et a conclu que le métier d’expert-comptable et d’audit est fortement menacé par la robotisation et la numérisation.

Le deuxième Panel, traitant de l’audit et la Qualité, Hygiène, Sécurité et Environnement (QHSE), a ambitionné de démontrer la pertinence d’un management intégré garantissant la certification. Cette séance a été animée par des responsables et des directeurs d’audit dans les domaines aussi variés que le secteur industriel, aéronautique et portuaire. A cet effet :

M. Mohammed MAGHAZAI , Commandant du port et Directeur des opérations Tanger-Ville, a opéré un retour d’expérience sur l’implémentation d’un système de management intégré. Dans son intervention, il a exprimé sa conviction que la prospérité économique des entreprises rime avec le respect de l’environnement. Il a ,par ailleurs, précisé qu’un management intégré devrait s’inscrire dans une vision claire et partagée, qu’il exige un engagement fort de la part de la direction générale et qu’il passe par un processus aussi rigoureux que méthodique.

M. Ahmed DAOUDI, ancien enseignant-chercheur à l’université Hassan II, et actuellement directeur Recherche et Développement au sein de la société KOUTOUBIA, a partagé un témoignage révélateur au sein de ladite société, en confirmant qu’aucune instauration du management QSE n’aurait vu le jour sans un engagement formel de l’entreprise, que ce soit au niveau de la qualité, d’hygiène ou de la R&D. Il a rajouté qu’un tel management devrait être assuré par une équipe étoffée et résolument orientée clients.

M. Abdelkabir HANNANE, Responsable Qualité au sein de la société TRONICO ATLAS – GROUPE ALCEN. Il a porté sur l’implémentation du système de management de la qualité dans le domaine aéronautique/ spatiale et de défense, notamment au sein de l’entreprise CRONICO atlas basé à la zone franche de Tanger. L’intervenant nous apprend que ladite société a accepté de se faire petite, a excellé en grandissant et qu’une telle excellence a été conditionnée par la fiabilité de l’audit qualité et de l’expérience confirmée de l’équipe qui s’en charge.

M. Badr KHAMLICHI, Responsable système d’information chez ALUMINUM DU MAROC a traité dans son intervention de l’audit de sécurité des systèmes d’information. Il a rappelé qu’aujourd’hui, et avec l’explosion de la connexion à l’Inte
et public et les services liés les entreprises peuvent être sujettes à des risques de cybercriminalité sans s’en apercevoir. Dans ce sens, M. Badr KHAMLICHI est persuadé qu’un audit du système d’information, basé sur l’intégrité et la disponibilité, est une condition sine qua none d’échapper à de tels risques.

M. Younes JAHRASISI, Directeur Technique Société KESSEL et Auditeur exte
e certifié : système de management énergie ISO 50001/2011, a choisi de présenter le management d’un programme d’audit. Il a souligné que l’audit qualité est, d’une part, a un spectre large puisqu’il touche tous les aspects de l’entreprise, et, d’autre part, emprunte un processus jamais achevé, car à chaque niveau de qualité atteint, on est censé apporter une amélioration continue. M. Younes JAHRASISI a conclu par souligner que la compétence de l’auditeur et la participation assez solide de la direction sont un préalable indispensable à la réussite d’un programme audit qualité.

M. Nizar EL OUAFI, Auditeur et Consultant en QSE (dont l’intervention a porté sur l’Audit Réglementaire, Santé, Sécurité et Environnement), a précisé que l’audit réglementaire présente des exigences normatives et il se traduit dans la veille réglementaire et la vérification de conformité réglementaire, lesquelles sont inscrite dans une chaîne de Planifier – Systématiser – Appliquer – Agir.

Les deux ateliers ont débouché sur des débats denses et fructueux, suite auxquels les différents participants ont défini des propositions de nature à améliorer la pratique d’audit et la relation qu’il entretient avec l’expertise comptable et le management intégré QHSE.